Billets d’avion en classe économique

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Voyager systematiquement en classe économique.

Pourquoi est-ce important ?

Les déplacements professionnels représentent souvent une part importante des émissions de gaz à effet de serre liées au transport d’une organisation. C’est particulièrement vrai pour le secteur de l’aide, qui fournit une assistance dans le monde entier. Réunions, formations, missions, évacuations, congés – les personnes voyagent pour de nombreuses raisons.

Quelle est la solution ?

Si un vol est inévitable, il faut privilégier des trajets plus économes en carburant. Il est possible de réduire substantiellement les émissions de carbone en réduisant la classe de voyage, en particulier pour les vols long-courriers, car les sièges sont optimisés en termes de poids et d’espace couvert.  

Qu’est-ce qu’on y gagne ?

Voyager en classe affaires produit 3 fois plus de CO2 par passager que de voler voyager en classe économique. 9 fois plus lorsqu’on vole en première classe.  

Si elle est adoptée à grande échelle, cette solution incitera les compagnies aériennes à limiter le développement des sièges premium aux sièges économiques moins consommateurs en carburant. Les effets rebond doivent également être pris en compte pour mesurer l’impact global de cette mesure (voir la fiche d’information sur le domaine des voyages d’affaires).

Est-ce facile à mettre en œuvre ?

Privilégier les voyages en classe économique est très facile à mettre en œuvre, sans contrevenir aux missions des organisations de l’aide. L’impact de cette solution est facile à quantifier. Cette mesure est facile à évaluer, à rapporter et à vérifier. Elle a une valeur symbolique élevée, permet de réduire les dépenses et les inégalités au sein d’une organisation.

© Alexander Schimmeck/Unsplash.

Points d'attention

Pour mettre en œuvre cette solution, la politique de déplacement de l’organisation doit être adaptée, de même que l’outil de réservation des voyages. Les vols en classe économique deviennent inconditionnels ; les vols en classe premium sont approuvés par les responsables de services sous certaines conditions (handicap, médical, sécurité des informations transportées dans de très rares cas). 

Cette solution a un impact sur le personnel qui bénéficie le plus de billets en classe affaires et en première classe, généralement les dirigeants ou les cadres supérieurs des organisations. Il est donc crucial de les sensibiliser et de les impliquer dans le processus de décision.  

 

Chiffres clés

3x

Voyager en avion en classe économique émet 3 fois moins de CO2 que voyager en classe affaires (1)

9x

Voyager en avion en classe économique émet 9 fois moins de CO2 qu’en première classe (2)

  • Pourquoi?

    Il y a 3 raisons principales pour lesquelles les émissions de gaz à effet de serre par voyageur et par distance parcourue sont plus importantes en classe affaires et première qu’en classe économique.  

    Les sièges des classes affaires et première occupent une surface au sol supérieure à la moyenne dans un avion.  

    Les sièges de la classe affaires ou première sont moins occupés que ceux de la classe économique, ce qui les rend encore plus intensifs en carbone. Enfin, les sièges des classes affaires et première sont plus lourds que ceux de la classe économique. Plus un avion est lourd, plus il émet d’émissions de gaz à effet de serre. 

Actions clés

  • #1 Créer une politique de voyage

    Mettre à jour ou créer une politique de voyage au sein de l’organisation, et y inclure une règle stricte de classe économique pour tous pour les billets d’avion. 

  • #2 Conditionner l'achat de billets

    Conditionner l’achat (exceptionnel et justifié) de billets en classe non économique à l’approbation des responsables hiérarchiques.

  • #3 Les exceptions doivent être rares

    N’autoriser les exceptions que pour des raisons médicales ou de sécurité majeures, et détailler précisément les conditions.

  • #4 Quantifier les gains

    Quantifier les gains obtenus, par exemple au moyen d’un outil de suivi des émissions carbone.

À considerer

  • Co-bénéfices potentiels

    • Réduction des coûts de transport
    • Réduction des inégalités au sein de l’organisation
  • Conditions de réussite

    • Sensibiliser et impliquer les dirigeants de l’organisation dans le processus de décision afin de garantir leur acceptabilité
  • Risques potentiels

    • Impact psychologique sur certains employés qui bénéficient des avantages des classes supérieures
    • Employés moins reposés après leur voyage

Expériences réussies

UICN

À l’Union Internationale pour la Conservation de la Nature, les voyages en classe affaires et en première classe ne sont pas autorisés par la politique de voyage de l’organisation. (3)

La Banque d'Angleterre

À la Banque d’Angleterre, la classe économique est l’option inconditionnelle lors de la réservation d’un vol de moins de 6 heures par le biais de l’agence de voyage. Les autres options doivent être justifiées et discutées avec le responsable hiérarchique. Les exceptions sont liées au handicap, à l’accessibilité ou à la sécurité. (4)

Greenpeace Belgique

Chez Greenpeace Belgique, la réservation d’un billet en classe non-économique n’est possible que si aucun billet moins cher ou aucune autre option de voyage n’est disponible. (5)

Université de Bergen

Le Carbon tracker du Centre for Climate and Energy Transformation (CET) de l’université de Bergen calcule les émissions de gaz à effet de serre associées aux voyages et aide l’utilisateur à choisir des options lui permettant de réduire ses émissions, l’une d’entre elles étant la classe de voyage. (6)

Outils et bonnes pratiques

  • Émissions de vol

    Calculez les émissions de votre vol (en anglais)

    En savoir plus
  • Politiques de voyage

    En règle générale, on ne peut voyager qu'en seconde classe (train) ou en classe économique (vols), à moins que le prix d'un billet de première classe ne s'avère (en anglais)

    En savoir plus

Pour aller plus loin

  • Calcul de l'empreinte carbone de différentes classes de voyages aériens (en anglais)

    En savoir plus
  • L'ICCT, Le luxe en vol, qui paie vraiment ? (en anglais)

    En savoir plus

Sources

(1) The World Bank, Calculating the Carbon Footprint from Different Classes of Air Travel, 2013. En anglais. En savoir plus.

(2) The World Bank, Calculating the Carbon Footprint from Different Classes of Air Travel, 2013. En anglais. En savoir plus.

(3) IUCN. En anglais. En savoir plus.

(4) Bank of England, Travel and Expenses Policy, 2021. En anglais. En savoir plus.

(5) GreenPeace Belgium, Travel Policy Greenpeace Belgium, 2020. En anglais. En savoir plus.

(6) Uib (CET), CET Low-Carbon Travel Policy, 2022. En anglais. En savoir plus.

 

Photo de couverture ©Robert Penaloza/Unsplash.