Entrée dans le laboratoire de l’élaboration de la première feuille de route pour réduire l’empreinte carbone d’une organisation.

En décembre, ALIMA a présenté sa feuille de route environnementale pour la réduction de l’empreinte carbone de son activité. Cette feuille de route, la première élaborée par le Climate Action Accelerator avec une organisation d’aide, a permis aux équipes de développer une méthodologie pour les organisations qui monteront à bord plus tard et de rappeler que cette transition vers un fonctionnement bas carbone est possible. Retour sur ce travail de plusieurs mois avec Cédric MARTIN et François DELFOSSE, respectivement en charge de l’élaboration de la feuille de route et des solutions dans le travail auprès d’ALIMA.

Le premier contact et la plus-value d’un partenariat :

La montée à bord d’ALIMA dans la démarche du Climate Action Accelerator a été facilitée par la maturité de l’organisation concernant les enjeux climatiques et de réduction des émissions carbone, accélérant considérablement la démarche et révélant l’importance de la compréhension des enjeux comme facteur de succès.

Le principal enjeu a par ailleurs relevé de ce qui constituait le propre impact de l’organisation plutôt que les conséquences du changement climatique sur l’action humanitaire. L’évolution de la mission sociale d’ALIMA était donc actée et comprise. C’est sur son propre impact climatique et son rôle à jouer dans la réduction de l’impact carbone que l’essentiel des discussions s’est donc concentré.

L’idée de partenariat est un élément fondamental de l’approche du Climate Action Accelerator avec les organisations qui montent à bord de l’initiative. Dans cet esprit, le partenariat entre ALIMA et le Climate Action Accelerator a créé une relation d’égalité et d’échange permettant de renforcer l’accompagnement, de se challenger mutuellement   et motiver à repousser ses limites et ainsi tenir son engagement.

Le partenariat s’est aussi conçu en faisant une place particulière aux notions de partage et de mise en commun. Il ne s’agit pas en effet de travailler seulement à la propre feuille de route d’ALIMA mais bien de participer à l’enjeu de partage de ces méthodes et solutions plutôt qu’une décarbonation comme seule fin en soi.

Le travail avec ALIMA comme premier partenaire permet de lancer le travail avec d’autres car l’enjeu n’est pas seulement la décarbonation, c’est l’accélération de l’action climatique qui passe par la montée à bord de tous.

Les difficultés lorsqu’il s’agit des pionniers résultent de la compréhension en interne des enjeux et de leur potentielles implications, notamment quant aux habitudes de travail, aux choix organisationnels ou aux choix des actions prioritaires. La plus-value d’une organisation comme le Climate Action Accelerator est forte car en s’appuyant sur un partenariat externe, une force d’entraînement dans la mobilisation interne se créé.

Les facteurs de succès :

L’engagement dans le processus a généré une forte mobilisation en interne. La révision de la charte d’Alima a constitué la première étape et témoigné de son engagement. Cette décision du conseil d’administration a lancé le processus. Dès lors, les parties prenantes, étant fortement mobilisées dès le début du processus, la feuille de route a pu être élaborée dans les meilleures conditions.

Une enquête a été menée auprès du terrain sur l’empreinte carbone afin de capter les bonnes pratiques qui existaient déjà. Elle fut complétée par une seconde enquête sur les impacts humanitaires et médicaux de la crise climatique et environnementale, en premier lieu sur les populations les plus vulnérables. Une analyse interne des documents et outils existants au sein d’ALIMA a été réalisée. Les objectifs de ces différentes enquêtes et analyses étaient de comprendre l’organisation, et d’illustrer les forces et les opportunités sur lesquelles ALIMA peut compter pour consolider sa démarche de durabilité, ainsi que les faiblesses et les menaces sur lesquelles elle doit travailler et qui sont à considérer aux niveaux opérationnel et stratégique.

Il était également important de capter et collecter les enjeux et avis spécifiquement liés à la mise en œuvre des opérations par les premiers concernés, les acteurs de terrain.

La mobilisation interne des personnes clés s’est donc assortie, pour toucher le plus large public d’ALIMA possible, d’enquêtes terrain et d’une plateforme collaborative.

Ce travail a révélé les avantages de cette approche et confirmé que la participation des personnels des organisations devrait s’envisager comme une étape fondatrice dans le travail avec d’autres, en l’adaptant à chaque organisation.

Les challenges de réplicabilité :

La complexité dans l’élaboration de la feuille de route se situe au niveau de la structure de l’organisation avec le besoin de rassurer sur la pérennité de la mission sociale et en fonction du modus opérandi.

Le challenge est donc de rassurer sur la question de la décarbonation d’une organisation sans porter atteinte à sa mission sociale. A cet égard, le travail avec ALIMA est aussi primordial en ce qu’il sert d’exemple et de preuve : si une organisation peut le faire, alors toutes peuvent s’en donner les moyens.

ALIMA, en tant que première organisation partenaire, est véritablement un laboratoire de construction de la méthode et une démonstration que la conviction et l’exemplarité peuvent entraîner plus largement.

C’est grâce à cette première expérience avec ALIMA que des méthodes, par essence réplicables, ont pu être élaborées.

Les solutions de décarbonation développées dans ce cadre sont elles-mêmes conçues comme un bien commun partageable, leur mise en œuvre par d’autres ne pouvant par ailleurs que les enrichir dans un processus d’amélioration continue.

La construction de la feuille de route de n’importe quelle organisation est un processus itératif : d’une part, on apprend en faisant, d’autre part, on s’adapte à la réalité.

L’équilibre est également à trouver entre obligation de moyens et obligation de ne pas nuire. Et celui-ci dépend toujours de l’organisation qui monte à bord : quelle balance entre les grands postes d’émission qui doivent donner lieu à une action directe et les petits pas, qui se réfléchissent à long terme, face à ces grands blocs d’opportunité ? L’équilibre doit se trouver entre les actions à fort impact et les actions pour lesquelles le personnel est acteur, peut être avec moins d’ampleur, mais dans un enjeu de bascule de culture interne. Et cependant, pour que certaines solutions à fort impact puissent être mises en œuvre, les petits pas menant à une réduction drastique de la consommation carbone sont nécessaires.

Enfin, la feuille de route n’est pas une fin en soi mais un point de départ pour deux actions : sa mise en œuvre dans l’organisation qui l’adopte d’une part et sa réplicabilité, pour d’autres organisations dont on souhaite qu’elles deviennent des relais dans l’accélération de l’action climatique et vecteur d’influence et de changement dans leur propre écosystème. Cet enjeu est primordial : c’est là que se jouera la clé de l’accélération.

François Delfosse & Cédric Martin, membres du Climate Action Accelerator, en charge de l’élaboration de la feuille de route et des solutions.

Photo d’illustration : © Rachel Couch | Flickr

 

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